Escalade persistante entre Sánchez et Meloni

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La crise de Ceuta continue de peser sur les relations entre les deux pays.

Le gouvernement espagnol a demandé, ce vendredi, à l’Italie de « revenir sur sa décision » et de mettre fin aux mesures de contrôle visant les voyageurs en provenance d’Espagne, annoncées par Rome il y a une semaine en réaction à l’afflux massif de migrants à Ceuta. Madrid estime que cette mesure est « injuste, contraire aux intérêts de l’Union européenne et discriminatoire à l’égard des citoyens espagnols ».

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Dans un communiqué, le gouvernement espagnol a fixé à l’Italie un délai jusqu’au dimanche 9 août 2026 pour rétablir la situation, avertissant qu’il serait « contraint de prendre des mesures proportionnées » si les contrôles n’étaient pas levés, sans toutefois préciser la nature de ces éventuelles mesures de rétorsion.

Le gouvernement de Pedro Sánchez s’est dit surpris par la position italienne, soulignant que l’Italie est le pays enregistrant le plus grand nombre d’entrées irrégulières dans l’Union européenne, soit deux fois plus que l’Espagne. Madrid a également rappelé avoir toujours fait preuve de « solidarité », notamment en accueillant des migrants secourus en Méditerranée centrale.

Le communiqué officiel s’achève sur un appel à « l’esprit européen, à la rationalité et à la bonne foi ».

Le ministre espagnol des Affaires étrangères hausse le ton

Dans le même contexte, la chaîne publique espagnole RTVE a rapporté des déclarations particulièrement fermes du ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, qui a qualifié la décision de Rome d’« injuste et injustifiée ».

Selon lui, cette mesure « porte atteinte à la dignité des Espagnols » et « nuit à l’unité de l’Europe », allant jusqu’à la qualifier de « torpille contre la cohésion européenne ».

Albares a également affirmé qu’« il n’existe aucune raison » de prendre de telles mesures, soulignant que les mouvements de migrants en situation irrégulière depuis l’Espagne vers l’Italie sont « quasiment inexistants ».

Le ministre a dénoncé la diffusion d’images montrant des Espagnols soumis à des contrôles dans les aéroports italiens, qu’il a qualifiés d’« injustifiés et humiliants ». Il a par ailleurs rappelé que « pour chaque Espagnol résidant en Italie, dix Italiens résident en Espagne », ajoutant que son pays les accueille toujours « dans un esprit fraternel ».

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L’Italie : « Nous ne reculerons pas »

La réponse du gouvernement de Giorgia Meloni n’a pas tardé. Selon Reuters, Rome a affirmé qu’elle ne céderait pas aux « ultimatums ou injonctions » de l’Espagne.

Dans un communiqué officiel cité par l’agence, le gouvernement italien a confirmé qu’il maintiendrait les contrôles frontaliers visant les voyageurs en provenance d’Espagne « au moins jusqu’au 15 août ». Rome ne réexaminera sa position qu’après s’être assurée de l’absence de « risques sécuritaires ou terroristes, ou d’une nouvelle vague migratoire » vers le territoire européen.

La crise entre les deux pays a éclaté vendredi dernier, lorsque l’Italie a annoncé la suspension de l’application de l’accord de Schengen avec l’Espagne et l’instauration de contrôles afin de « protéger la sécurité nationale », sur fond de crise migratoire à Ceuta. Madrid avait alors convoqué l’ambassadeur italien pour protester.

L’Espagne affirme que la majorité des quelque 72 000 migrants entrés dans la ville sont retournés au Maroc et souligne que le statut particulier de Ceuta et Melilla rend « impossible » l’accès au continent européen sans passer par un point de contrôle sécuritaire.

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